La lecture peut fatiguer. Les livres eux-mêmes finissent par encombrer (sans parler de la poussière qui s’y accumule). L’ère numérique confirme tous les jours que le papier pèse plus lourd que les octets et déforme les poches. La facilité, enfin, achève de convaincre les indécis que l’effort de tourner les pages est mort avec le temps des chandelles.
Bref, il est temps d’affûter ces quelques gestes qui déclenchent les boutons-poussoirs. De se hâter de zapper pour ne rien rater… L’époque est manifestement celle du tandem stimulus-réponse automatisé, du précuit et des raccourcis de clavier.
Tout change ma bonne dame et le passé ne reviendra plus. Alors, rien ne sert d’opposer la vitesse à un matériau inerte, ou la facilité du déplacement internautique à la concentration que requiert un pavé de 500 pages. C’est un fait, surfer, boire ou bouquiner, chacun est libre de choisir et on ne peut être partout simultanément.
Néanmoins (nez-en-moins), rien ne remplace jamais un bel effort. D’abord, on en sort le mollet musclé, ensuite à peiner on apprend à peiner sans peine. A la longue, à apprécier l’effort pour l’effort, puis à voir plus loin que les moyens mis en œuvre. Enfin, on en vient à envisager que le contenu est une récompense possible, parfois démesurée.
Bonnes lectures donc, quelle qu’en soit la forme et le support, surtout s’il s’agit de livres.
" C’est l’printemps, tout foul’camp, quant tout en haut c’est bèn’content, tandis qu’en-bas ça bouf’du vent. Aiguises tes dents et mords dedans ! Pas dans l’chêne ou dans son gland, mais dans l’richard fort méprisant ".
d'éditer un recueil de nouvelles sur le thème du polar.
C'est tout naturellement que Corsicapolar s'associe à cette généreuse opération.
D'ores et déjà Danièle Piani, Elisabeth Milleliri, Martine Rousset, Marie-Hélène Ferrari, Arlette Shleifer, Jeanne Tomasini, Marie-Catherine Deville, Jean-Pierre Santini, Jean-Paul Ceccaldi, Ugo Pandolfi, Jean-Pierre Petit, Jacques Mondoloni, Jean-Pierre Orsi, Jean-Louis Vassallucci, Pierre-Paul Battesti, Jérôme Camilly, Claude Ferrieux, Denis Blémont-Cerli, Jean-Michel Raffalli, Okuba Kentaro, Michel Jacquet, Eric Patris, Rémi Talbi, Pietr'Anto Scolca ont promis leur nouvelle à Fabrice Albertini, responsable de l'association Handi 20. Patrice Antona, chroniqueur de RCFM, signera l'avant-propos.
Une souscription est lancée au prix de 10 Euros l'exemplaire. La souscription, ouverte depuis le 26 janvier, a déjà enregistré plus de 400 commandes !
La première mise en vente de l'ouvrage au seul profit de l'association Handi 20 est fixée au 5 juillet 2008 à l'occasion du deuxième festival du polar corse et méditerranéen qui se tient à Ajaccio.
Merci d'avance à tous les acteurs de la chaîne du livre qui apportent leur soutien à cette initiative solidaire. Merci aussi à tous, amis, familles, voisins et tutti quanti de démultiplier les efforts de Handi 20 et de Corsicapolar en souscrivant et faisant souscrire pour le bouquin.
La couverture du recueil Noirs de Corse a été adoptée par les acteurs du projet Handi 20. Elle est l'œuvre du graphiste Eric Patris. Une affichette est également à la disposition de tous ceux qui souhaitent diffuser largement la souscription en faveur de ce livre pour l'accessibilité.
En hommage à l'écrivain Andrea Camilleri, corsicapolar.eu lance, pour cet été, un concours d'immobilité en plein soleil dont les finalistes s'affronteront sur la place Foch à Ajaccio en Corse du sud lors du deuxième festival du polar corse et méditerranéen du 4 au 6 juillet 2008. Les participants peuvent s'inscrire dès à présent et s'entrainer en relisant l'œuvre du romancier sicilien.
Une fois, j'ai fait un concours d'immobilité en plein soleil avec un lézard et c'est moi qui ai gagné.Je suis donc hors jeu a écrit Camilleri en juin 1997 dans Il Messagero. (Extrait de Racconti quotidiani, dont la traduction française, sous le titre Petits récits au jour le jour, est publiée par les éditions Fayard).
Rassemblées autour d'une même revendication, les associations membres du mouvement Ni pauvre, ni soumis, revendiquent pour les personnes en situation de handicap et atteintes de maladie invalidante, un revenu d'existence décent, c'est-à-dire, un revenu personnel égal au montant du smic brut pour les personnes qui ne peuvent pas ou plus travailler. La pétition a été remise à l’Elysée le 29 mars 2008 à la suite d'une marche citoyenne...
C’est la Madonne cette chevrinette ! M’adonnerais-je à la médisance que j’aurais bien du mal à en dire d’elle. Qu’elle aime les petits zenfants qui sont gentils et qu’elle voudrait tous les zaider ! Comme quoi EuroDysney ça ne sert pas qu’à rien. Tu y emmènes une Belle et elle bêle. De ce bêlement attendrissant qui rassure et qui berce, qui fait plaisir à mémé, qui arrache un gros sourire à pépé et qui fait dire en chœur " elle est pas belle la petite chèvre de monsieur Seguin ? ", pendant que le loup lui-même, qui n’en est pas moins zhomme répète à l’envie " c’est du sérieux ! c’est du sérieux ! fan de chichourles, elle se battra jusqu’au petit matin pour les petits enfants et les petits papiers de son grand loup ! ". C’est du sèrieux, je te le dis … La République est adroite. Elle a désormais l’agilité d’une chèvre et la finesse d’un loup. C’est du lourd ! Du durable et du râble pour tous. Pendant que discrètement, mais sans malice, la meute grignote tout ce qui dépasse (même les zorteils et la petite retraite de pépé et de mémé). Alors, Aznavour, lève toi sur la pointe du pied ! Robin des Bois sors du bois (meum …) ! José Bové mets la charrue et sors les bœufs ! Bon, quoi, que tous les vrais gentils se montrent un peu ! Qu’on chante encore un peu muss es sein es muss sein ou Allende (NDLR : de Léo Ferré) avant de ne plus bêler sans trop savoir pourquoi : cons nous sommes et heureux en plus ; vive les chèvres et les grands loups ; pas d’issue, pas d’issue …
"Et l’on entend le silence de pleurs caressant les sanglots verts de ceux qui ont pris la barque voulant rejoindre ce qu’ils imaginaient la lumière" (Bastia, le 9 septembre 1999).
De Danièle Maoudj, qui écrivait le vers qui précède, on ne peut pas ne pas signaler le recueil qui vient de paraître aux éditions l'Harmattan.
Nous, on ne dira jamais que du bien de la grande Jeanne Tomasini. Pas parce qu'elle dépasse Dédou de deux bons centimètres. Pas parce qu'elle a des copains qui se réunissent la nuit cagoulés en chantant du Brel. Pas parce que dans ses histoires on tue et qu'elle pourrait faire des transferts de savoir-faire dans la réalité vraie. Non. Tout simplement parce qu'il y a des choses que l'on ne peut pas faire. Et dire autre chose que du bien de quelqu'un qui passe son temps à faire le Bien n'est pas praticable. Donc voilà, lisez, faites lire, relire et offrez autour de vous ses écrits. Tiens, on met dessous une photo de la couve de l'un de ses bouquins.
Il semblerait que l'Elysée nous concocte une réforme du système éducatif de derrière les fagots ! Des "conseillers" de Nick et Colasse, autorebaptisés "scientifiques" et "experts" ont pondu les lignes directrices d'une transformation du programme d'enseignement primaire en quelque chose de, disons-le pudiquement, "pas moderne du tout". Alerte à tous ceux qui ont des enfants en âge d'apprendre la lecture et les bases du calcul, soyez attentifs à ce qui se prépare ...
Exposition-Rétrospective sur le travail (toiles prolongées de mosaïques) de Dominique Aveline à Marseille (en juin 2008 ? ou plus tard ? lieu encore à déterminer ... d'ailleurs, si vous avez des idées, n'hésitez pas ! )
Une nouvelle revue de qualité, à lire et faire connaître:
Le numéro 2 de la revue semestrielle Fora éditée par l'association Ubiquita est disponible dans les kiosques insulaires. Corse et Maghreb, côte à côte: le dialogue entre les deux rives de la Méditerranée est animé dans ce deuxième numéro par Georges Ravis-Giordani, Danièle Maoudj, Mourad Amdouni, Jérôme Ferrari, Ginette Cals, Salomé Attali-Ahmed et Marcu Biancarelli. Pour s'abonner ou trouver la liste des points de vente sur le continent, consulter www.revue-fora.org
- Corse (France) mercredi 20 février 2008- Urgent- Toutes rédactions -
"Selon un communiqué adressé à l'Agence France Presse le 20 février : un groupe de scripteurs, rassemblant 26 personnes dont 7 femmes, affirme être les auteurs des 30 nouvelles policières à paraître en juillet prochain sous le titre Noirs de Corse Piccule fictions. Cette action, revendiquée en faveur d'une Corse accessible à tous, est conduite au profit de l'association Handi 20 pour l'achat de matériel adapté aux personnes handicapées. Authentifié très vite par plus d'une dizaine de journalistes travaillant aussi bien en Corse que sur le continent, ce communiqué annonce la poursuite des actions du groupe : une adresse publique auprès des élus des 360 communes de Corse et une souscription au prix de 10 euros l'exemplaire. Selon les auteurs de ce communiqué, Noirs de Corse revendique déjà près de 300 victimes dont la liste est actualisée en permanence sur Internet. L'affaire a été confiée à la générosité de chacun."
L'été 2008 va connaître un phénomène éditorial inédit dans l'île la plus médiatisée de France: Noirs de Corse pourrait bien être le polar qui se vendra le plus au nord de la Méditerranée. Quelques premiers signes permettent de l'espérer, d'y croire. Chiche ? Tenir le pari dépend maintenant de chacun de nous, auteurs, acteurs, partenaires, souscripteurs de l'operata. Ici et maintenant, comme disait l'autre, il s'agit de ne pas être rat avec l'espoir. Parions ensemble: l'année du Rat est favorable aux investissements et la générosité est une valeur sure.
et puis (un peu de pub pour une boîte qui entend "travailler dans une économie pour l’homme d’abord et avant tout ; en particulier les personnes les plus faibles et ceux qui peinent à conserver leur dignité") :
Le petit Lexique époustouflé du quinquennat en cours …
Par Dédou Epistemologicum *
A. comme Arnaquer ou Atterrer. Difficile de choisir. J’aurais peut-être dû démarrer par Arnica (cette plante qui soigne les bosses et les coups). En tout cas, impossible d’aller vers Allégresse ou Apologie. Bref, sentiment que les citoyens de France n'ont jamais été aussi pris ouvertement pour des Anes. Mais, on peut imaginer qu’arnaquer un âne finit par l’atterrer jusqu’à ce qu’il rue … On peut rêver.
B. comme Bazar. C’est du persan et ça veut dire " souk ". En marseillais, on dirait " putain, c’est le bordel ". Des baudets, des bougres et des bordilles (ça veut dire " voyous de la pire espèce " en marseillais). Voilà la distribution qui nous est proposée. Le scénario : c’est le Bazar, les personnages sont lâchés sur scène et cherchent à s’en sortir. Les forts survivront. Belle histoire.
C. Comme Citoyen. Qui c’est celui-là ? On n’en parle plus ! Il faut dire que pour fabriquer du bien-pensant, il faut de l’exemplarité, de la rigueur comportementale et de la sincérité idéologique. Disons que ça fait beaucoup et que c’est un peu cher quand on a tout mis dans la Rollex et les Ray-Ban (marques qui fabriquent d’excellents produits qu’il faut se garder de critiquer ! mais dont on peut aussi n’avoir rien à foutre !).
D. Comme Distorsion. Littéralement, une aberration qui met sens dessus-dessous les objets qu’elle affecte. Merci messieurs les communiquants, les publicitaires et les conseilleurs. Le Peuple est heureux de savoir que vous vous occupez de lui et qu’il peut circuler sans rien voir. Entre l’image déformée et l’arnaque , le pas semble avoir été franchi. Le problème, c’est quand le badaud s’en rend compte … ça lui donne envie de ruer …
E. Comme Enfiler. Oui, des perles ! Tires-toi de là Gérard ! Descends si t’es le fils de l’Homme ! Angela c’est une robuste qui te met flagada ! Et Carla c’est celui qui la mérite qui l’a ! D’ailleurs, ce soir j’lui ramène un sac Vuitton gratis et à l’œil … Ayons le sentiment que c’est de l’art, de la performance et du hasard parfois. Sinon, couillons, on est mal barrés !
F. Comme Fossoyeur. Il en fallait un me direz-vous. Y fallait faire des raies-formes pour nous remettre le pied à l’étrier asiatique et nous faire fouetter le coche de la mouche. Et donc c’est lui. Le Faux-Soyeur, celui qui fait l’hypo-crite mais qui n’est pas un cheval de trait. Juste un malin rongeur qui fait des trous histoire de voir s’il n’y a pas un bout de gruyère qui traîne encore quelque part. Du don de soi vous-dis-je, du don de soie pour les plus doux …
G. Comme Germanitude. Nous sommes zamis avec les Zallemands ! les Ricains ! les Portoricains (pas sûr) ! les Syriens ! les Zégyptiens ! les Sud-Zafricains ! les Tunisiens ! Etc. Ce n’est pas une critique de le fraternité entre les Zhommes que l’on peut appeler de ses vœux. Non, c’est juste une façon de dire que l’on ne peut pas aller partout dire n’importe quoi sans risquer de se faire passer pour le dernier des n’importe qui et ceux que l’on est censé dignement représenter avec. Donc, avec Germe et Nullitude, je te fais un néologisme.
H. Comme Hétéro et sexuel. Car il faut de la couille pour se revendiquer du King. Il faut de la Harley façon police de L.A.et de la donzelle à longues jambes et sourire qui te tue net. C’est Rock and Roll mon pôte d’être le chef. Faut donc de l’attribut qui va droit au but. Un à zéro. C’est pas mal comme score ! Je t’y ai planté un de ces penalty à la gardienne du but d’en face qu’elle en a encore mal au cul. Etre président, c’est foot !
I. Comme Idiome. Mais oui, il y a un langage à décrypter derrière tout ça. Du mépris, de l’inculture, des préjugés à la pelle, de l’intéressement aux résultats, des zamis à choyer ... ça en fait des valeurs et des avaleurs à défendre. Et puis dans Idiome, y’a Idiot, on aime bien que celui d’en-bas soit un peu bête ; c’est un peu comme quand tu plumes un poulet, t’as pas envie qu’il te déclame du Maïakovski.
J. Comme Juré(-Craché). Y’a rien à craindre, le Juge est endormi, les Jobards et les Jaunes sont mes zamis, et les Judokas protègent mon caca. Tous les " J " votent donc pour la loi de la Jungle et quel que soit le crachat donnent leur langue au chat. Et le chat, c’est le chef. Ce qui me permet de jurer sans jugeote et d’espérer être réélu. Voilà, le tour est joué ! A voir …
K. Comme Képi et pas Keffieh. On l’a compris depuis longtemps, la peur recroqueville et rend con. Avec des médias qui vendent du meurtre, des zoulous qui font les zouaves dans les cités et quelques fous du volant, je te fais une république kloportisée. A toutes les occasions, je te sors le Képi et je te maudis le Keffieh. Elémentaire mon cher Couillon’.
L. Comme Lambada. Et pourquoi pas Berlusconi Premier ministre de la France et ministre de l’information par contumace (con tu masse, plutôt). Les Français sont tristes. Un peu ringards, regardants sur les sous qu’on veut leur prendre, inquiets pour l’avenir et bourrés de (mauvais) principes. Ils manquent de Sexe et de Rock and Roll. C’est évident. Et la Lambada, c’est les deux à la fois. Sexe et Rock. Je vous le dis mes Frères.
M. Comme Menottes, bien sûr. Cet instrument n’est pas démodé. Non. On s’en sert pas assez. Alors pourquoi pas une Menotte Grande Cause Nationale ! Des performances artistiques et aussi du sexe (encore). Et de la Violence, avec Menottes. La vraie vie quoi. Du gyrophare, du magnum (le 348, pas le Taittinger) et de la menotte. Mais qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?
N. Comme Nullité. Parce que la parole vaut bien peu si elle ne porte ni volonté réelle, ni gestes à venir. Elle devient vite aussi Nulle que son locuteur. Lequel peut gesticuler tant qu’il veut et Jurer-Cracher (voir plus haut) trois fois par jour, on n’y croit pas (ou plus, pour les naïfs d’hier). La Nullité a cet inconvénient qu’elle colle à la peau et discrédite pour longtemps. Sauf Miracle, Menottes, Képis et Lambada, dans une conjonction astrale parfaite.
0. Comme OPA. Certes, il s’agit d’un sigle et ça ne devrait pas compter. Mais qui fait les règles ? Hein, qui fait la loi ? La Bourse. Pas celle du King. Non, celle des zinvestisseurs, spéculateurs et fondsdepensionneurs. Donc, on peut considérer qu’OPA est valable. A moins d’être un de ces décroisseurs qui veulent nous faire croire que l’Homme peut être replacé au centre du débat, avec partage, intelligence collective, solidarité entre les peuples, etc. Dans ce cas, c’est sûr, OPA n’a pas sa place. Mais on n’en est pas là.
P. Comme Pusillanimité. On s’y fait, on s’y fait. Faut reconnaître que ces grands groupes mondiaux, avec leurs zavocats d’affaires (genre le maître de l’Elysée), leurs milliards de zéros et leurs zogéhèmes biotechnologiques, eh bien, ils nous coupent la chique ! Alors la Démocratie, avec toutes ses Distorsions et ses pièges à Couillons, on finit par se demander si on peut en attendre encore quelque chose. La vraie question c’est quand même : et qu’est-ce qu’y a ce soir à la télé ?
Q. Comme Cul ? Comme Côtelette ? Non, comme Quadrature. Je te la mets la tête au carré ? Vas-y, approches ! Ce putain de Cercle, y voulait que je te l’angularise. Il a vu de quel bois de sandales je me chauffe. Parce que le carré, c’est comme le cube : c’est pas chez nous qu’on a besoin ! Nous, on est des artistes ! Des filsdeferristes ! Des gosses de Neuilly élevés à la dure ! Qué Quadrature ? Si tu fumes, j’t’le dis, je t’explose. N’importe quoi …
R. Comme Roger. Un beau prénom français. Un label de qualité pour la biscotte bien de chez nous. On n’y pense pas assez à ce prénom quand on fait des bébés. On fait d’ailleurs pas assez de bébés. D’où ce conseil d’ami, faites des bébés qui s’appellent Roger. On vérifiera désormais sur les registres d’état civil, au-cas où certains n’aient pas encore compris dans quel monde on vit.
S. Comme Saltimbanques. Des gens de Gauche ! Des Hurluberlus ! Des Ecologistes et des Viticulteurs Bios ! Méfiez-vous de toute cette engeance qui vous rabat les zoreilles avec de bons sentiments. Ils sont comme tout le monde, oh oui : tu leurs sors un stylo Montblanc, ils veulent te le piquer ! Tu les invites à la maison, ils repartent avec ton jet privé et ta ginette top model. Les Sales-Timbanques sont à nos portes ! Méfiez-vous braves gens, ils pourraient vous siphonner l’essence dans le réservoir et pomper la retraite tant méritée du grand-père !
T. Comme Testament. Il est probable que nous en soyons là. Autant s’y préparer. On peut être certains qu’il y a autre chose après. Peut être des anges ou des diablotins, peut être un grand silence. Dans les deux cas, du changement et un héritage qui te survivra. Alors, comme Testament, Tête de Mule, même si t’as pas de gosses, fais toi pousser des Testicules et reprends-toi. Juste pour pas qu’on dise que t’étais complètement con.+
U. Comme Ubu. Bien sûr. Tout le monde en a entendu parler. Le problème, c’est que ce coup là c’est pour de vrai. Il a le bouton rouge sous le doigt et cent quarante millions d’Euro de faux frais annuels, pour encore quatre ans. Alors, faut délicatement l’éloigner de tous les déclencheurs d’obus et de gaz toxiques. Le rassurer. Le bercer tant que la traversée n’est pas terminée. Et gare aux remous : on ne réveille pas Ubu qui dort.
V.Comme Variante ou Variation. J’hésite. Mais on hésite tous. Au final, on a toujours l’idée de changement. De ce latin Variatio qui te dit que sur la durée tu peux t’attendre à ce que les choses ne demeurent pas identiques à elles-mêmes. Ce qui n’est pas inacceptable en soi. Au contraire. Mais ce qui peut gravement inquiéter quand, sur un rythme de Lambada, ça bouge dans tous les sens.
W. Comme Waterproof. Sans la moindre hésitation. Insubmersible. Pas coulable. A l’abri des balles. Même pas mal. Et I like the Police of New York ! Ces mots anglais, ça fait du bien quand même ! Pourquoi ces bœufs de Français se méfient tant des Rosbifs ? Les Rosbifs, eux, se méfient pas des Français ! Même qu’ils s’en foutent ! Tellement qu’ils sont petits et enquiquineurs ! De qui on parle là ?
X. Comme Xénophilie. Même le petit Robert constate que le mot est rare. Xénophobie, ça le fait mieux. Bizarrement, l’humanité a toujours été riche de ses Variations et de sa diversité génétique. Généralement accueillante, malgré des remous réguliers. Et finalement plutôt Xénophile, considérant que l’Humain n’aime rien tant que voyager, se changer les idées, penser Tropiques et plats exotiques, et se découvrir de nouveaux zamis chez ceux qui pourraient lui faire peur.
Y. Comme Yom Kippur. Et oui. On a tous quelque chose à expier. Oui, toi aussi Nicodème. Mais faut pas le reconnaître en baratinant. Faut une vraie prise de conscience. Une vraie retraite sur soi même (pas au Fouquet’s ou au Ritz, même si c’est tentant). Un vrai repentir qui te rend modeste et Xénophile et Citoyen et Saltimbanque et Keffieh et pas menteur. Ah, c’est ni Yom Kippur, ni le Grand Pardon dont on a besoin, mais une improbable Métamorphose ovidienne. Bon …
Z. Comme Zapper, mais Zipper aussi sans se coincer le Zizi. Va falloir se protéger quand même encore quatre ans. La Zapounette ne suffira pas pour échapper à la Lambada et aux Distorsions discursives élyséennes. Se Zipper sous zune coquille risque aussi d’être inefficace. D’autant que le Zizi, on le sait, aspire à sortir dès que les beaux jours arrivent et que c’est là qu’on le coince au moindre excès de vitesse ou au premier abus d’alcool ou de tabagisme. Va plutôt falloir se Zerrer les coudes !
* Marque déposée (c’est pas vrai, mais ça fait chic !).D’autre part et par ailleurs, le Lexique sera peut-être enrichi au fil du temps et de mon inspiration-aspiration-dégustation de vin de messe.